Allocution de Christian Estrosi

C’est avec un grand bonheur que je retrouve, rassemblés ici, les représentants des cultes de Nice et les acteurs du vivre ensemble, pour un moment de joie et surtout de Fraternité.
Et puis bien sûr, pour souhaiter à tous et à chacun le meilleur pour l’année qui commence.
Au fond, pourquoi sommes-nous ici aujourd’hui ?
Peut-être tout simplement parce que nous avons en partage l’amour de notre cité, mais aussi des convictions profondes et surtout, le désir de vivre ensemble.
Le fait religieux, je voudrais ici le rappeler fait partie intégrante de notre culture, il a marqué et marque encore le patrimoine intellectuel, artistique et politique de notre société.
C’est pourquoi nous pouvons nous réjouir que Nice et les Alpes-Maritimes aient toujours été terres d’accueil, de rencontres et de dialogue.
Un dialogue œcuménique et interreligieux y a toujours existé, à l’initiative des différents cultes.
Cette tradition doit être confortée.
C’est dans ce contexte et dans le respect de la loi de 1905, qu’Alpes-Maritimes Fraternité, sans aucunement s’immiscer dans les questions théologiques, a pu tisser des liens solides et pérennes entre les différents cultes présents à Nice et favoriser ainsi échanges et dialogue.

J’en voudrais pour preuve la renaissance de la Fête de la Liberté des Cultes qui se déroule à nouveau à Nice, chaque 17 février et témoigne du droit que chacun a de croire ou de ne pas croire et la Liberté qu’il accorde bien volontiers aux autres de croire ou de penser autrement.

Alpes-Maritimes Fraternité, je voudrais le rappeler brièvement, est une instance de dialogue, qui réunit tous les représentants des cultes monothéistes en y associant les bouddhistes ainsi que des associations qui participent au vivre-ensemble dans la ville. Elle œuvre pour la paix, la liberté et le respect entre les Hommes quelle que soit leur confession.
Alpes-Maritimes Fraternité est un réseau souple, cohérent et efficace qui encourage et promeut le dialogue interreligieux et se veut l’expression des relations harmonieuses qui prévalent entre tous les croyants présents sur notre territoire, en rappelant le rôle de pacification que doivent assumer les religions.
Les actions menées s’inscrivent, évidemment, dans le principe constitutionnel de laïcité : assurer à chacun le droit de croire ou de ne pas croire, permettre à chaque fidèle de pratiquer sa foi dans des lieux de culte dignes et développer le dialogue permanent entre les citoyens.
Tout ceci dans une organisation non contraignante, faite de fluidité et de souplesse.

Mais la souplesse n’exclue pas la recherche de l’efficacité et des structures plus robustes se sont mises en place : une assemblée plénière, un comité de crise et un conseil d’orientation, chacun comprenant des représentants des cultes (Le Consistoire Israélite, les Bouddhistes, les Églises Catholiques, Orthodoxes, Apostolique Arménienne, les Musulmans, les Protestants) et des élus de la Ville de Nice.
L’assemblée plénière comprend des associations acteurs du vivre-ensemble et des mouvements de jeunesse.
Cette organisation était nécessaire.
Mais elle est avant tout le moyen de mettre en œuvre les valeurs et les objectifs d’Alpes-Maritimes Fraternité, car nous voulons vivre ensemble, mais aussi et surtout agir ensemble.

Ensemble, nous voulons lutter contre l’intégrisme, le repli communautaire, le fanatisme, la violence, l’intolérance pour permettre à chaque confession de s’exprimer librement en bénéficiant des garanties de liberté et d’égalité.
Dans ce but, nous pouvons nous retrouver dans des valeurs et des objectifs fondamentaux du vivre-ensemble que je voudrais vous proposer :
– La fraternité qui figure dans la devise de la République et est le pilier de notre projet.
– La liberté de conscience qui est garantie par la laïcité et permet à chacun de choisir de croire ou ne pas croire et de choisir sa religion.
– Le travail de mémoire qui nous conduit à nous souvenir activement des tragédies du passé et à transmettre activement aux générations actuelles et futures, pour en finir avec la barbarie.
– Le respect qui amène chacun à mieux connaître l’autre et à respecter ses convictions de l’autre tout en étant assuré de pouvoir soi-même croire ou ne pas croire.
– La confiance qui permet un échange sans arrière-pensée sur la durée et la construction d’un avenir commun.
Tout ceci n’est possible que parce que nous voulons la paix qui assure à chacun un exercice paisible de sa foi, sans avoir à craindre pour sa sécurité et sans chercher à empêcher l’autre d’exercer la sienne.
Et parce qu’enfin nous sommes déterminés et prenons position lorsque le pacte républicain est attaqué ou menacé.

Voilà la voie que nous avons choisie, car nous sommes des niçoises et des niçois, fiers de notre passé et regardant en confiance vers l’avenir.

C’est la raison pour laquelle l’année 2020, sera marquée par un événement particulier, je veux bien sûr parler du 160ème anniversaire de l’Union du Comté de Nice à la France.
C’est un moment fondateur que nous avons voulu être un pont entre le passé et l’avenir, avec cette question : Au fond, qu’est-ce que c’est qu’être niçois ?
Nice est une ville de la modernité du XXIe siècle mais nous ne pourrons être nous-mêmes que si nous restons bien ancrés dans notre histoire.
Le Niçois est pluriel. C’est pour cela qu’il est singulier. Niçois par la naissance ? Par l’adoption ? Par l’amour porté à Nice ?
Pour réfléchir à notre identité niçoise d’hier, d’aujourd’hui, de demain, trois thématiques vous sont proposées par le comité 160 qui a été mis en place : connaître, transmettre, partager.
Des groupes de travail se constituent et vous êtes naturellement invités à vous y associer, afin que toutes les voix soient entendues (comite160@ville-nice.fr).

Voilà ce que je voulais vous dire, dans ce temps de partage privilégié que nous venons de vivre.

Je souhaite que demain comme aujourd’hui, nous soyons des bâtisseurs de paix et de fraternité dans la ville de Nice et la Métropole Nice Côte d’Azur, afin de développer leur potentiel d’échanges, d’ouverture spirituelle, d’enrichissement cultuel et culturel respectif, dans la neutralité républicaine.

Et, le plus important : Je vous souhaite une merveilleuse année 2020.